| Ces recommencements où tout est nouveau | Les feuilles des arbres sont de nouveau tombées, le froid s’est de nouveau installé, les machines agricoles sont de nouveau rangées, la neige est (ou sera) de nouveau là. Le mois de décembre arrive de nouveau avec son lot de courses effrénées derrière un cadeau, un sapin, une guirlande, un néon, une dinde ou autre bûche de Noël. Noël et une nouvelle année sont bientôt de nouveau là… Ce sont des recommencements perpétuels qui risquent d’installer l’humain dans ses habitudes ou dans l’inertie et de lui faire croire qu’il n’y a effectivement rien de nouveau sous le soleil. On répète les mêmes gestes, on revit les mêmes saisons, et pourtant tout est nouveau. En effet, les feuilles qui tombent ne sont pas les mêmes que celles de l’année passée, la neige qui tombe n’est pas la même, l’année qui vient n’a jamais été. Drôles de recommencements où, en fait, il n’y a que du neuf, même quand on a l’impression que c’est du déjà vu ! L’humain devrait plutôt s’émerveiller devant le miracle de la nature, prendre les instants qui s’offrent à lui avec reconnaissance et gratitude. Le prophète Osée (Hoshe‘a : le salut) évoque également le recommencement où, avec Dieu, tout est nouveau. Pour cela, il utilise l’image du mariage, Dieu étant l’époux et l’humain la fiancée. "Je te fiancerai à moi pour toujours, je te fiancerai à moi par la justice et le droit, l’amour et la tendresse. Je te fiancerai à moi par la fidélité et tu connaîtras le Seigneur" (Osée 2,21-22). L’image de la fiancée, qui va être mariée pour toujours, indique qu’il n’y a pas d’antécédents de vie commune. Tout est nouveau, à partir de maintenant, on regarde en avant et l’on avance ensemble. Et pourtant Dieu s’adresse à un peuple qui a une longue histoire avec lui. Il accepte de faire table rase du passé pour faire du neuf. C’est que Dieu est d’accord de recommencer avec l’humain malgré les égarements répétés de celui-ci. Et il met en jeu son amour, sa tendresse et sa fidélité pour assurer la nouveauté avec l’humain, pour lui assurer le salut. On oublie bien souvent que si Dieu accepte cette démarche, ces recommencements perpétuels ne vont pas de soi, ils ne sont ni simples ni évidents. On oublie qu’il y a là un débordement de grâce et d’amour pour que Dieu accepte de recommencer tout le temps avec l’humain. Celui-ci devrait plutôt être reconnaissant. Je souhaite que la fête de Noël, que cette fin d’année et le début d’une autre, que ces recommencements apparents nous conduisent plutôt à l’émerveillement, à la louange et à la reconnaissance de Celui qui nous les offre. Bonnes fêtes à toutes et à tous ! Innocent Himbaza, pasteur |