Evang.-ref. Kirche des Kantons Freiburg

Editorial octobre-novembre 09: Quelques minutes... et puis l'éternité

Quelques minutes... et puis l'éternité Titres parmi d'autres d'un numéro récent du journal 20 minutes : "Le suicide au travail", "Buveurs de sang", "Hit-parade des sites malsains"… et "Se mobiliser pour un monde meilleur" !
La nouvelle édition du 15 minutes (Quart d'heure pour l'essentiel), jointe au Bulletin de paroisse de cet automne, suggère aussi un monde meilleur, sans nier les inquiétudes actuelles, les soucis ou la crise. Les nombreux témoignages proposés sont intéressants. Je vais en ajouter un, qui fait référence à notre peur ultime, celle de la mort.
Quand nous en parlons, nous évoquons généralement telle ou telle personne décédée… et peut-être son enterrement. Nous nous attachons facilement aux détails extérieurs, aux fleurs, au cercueil, à l'affluence aux obsèques ou à la collation. Et nous nous contentons de répéter quelques sentences, comme si nous avions besoin de nous rassurer par des mots : - Il est en paix… Ses souffrances sont terminées… Elle n'avait pas mérité ça… C'était son heure… Il a trouvé le repos… Dieu l'a re-pris…
Cela revient presque à dire que Dieu et la mort sont des associés et que c'est à partir de son décès que le défunt a vraiment affaire avec Dieu. La mort deviendrait ainsi un passage obligé menant à une autre vie… ou à un monde meilleur.
Dans la poche d'un soldat tué en Afrique du Nord durant la dernière guerre mondiale, on a trouvé le message qui suit, bouleversant…
Ecoute, mon Dieu ! Jamais encore je ne t'ai parlé. Mais maintenant je désire te dire :
- Comment vas-tu ?
Ecoute, mon Dieu, ils m'ont dit que tu n'existais pas, et, comme un sot, je l'ai cru.
L'autre soir, du fond d'un trou d'obus, j'ai vu ton ciel… Du coup j'ai vu qu'ils m'avaient dit un mensonge.
Si j'avais pris le temps de regarder les choses que tu as faites, j'aurais bien vu que ces gens refu-saient d'appeler un chat un chat. Je me demande, Dieu, si tu consentirais à me donner la main…
Et pourtant je sens que tu vas comprendre. Curieux qu'il m'ait fallu venir à cette infernale place avant d'avoir le temps de voir ta face.
Je t'aime terriblement, voilà ce que je veux que tu saches.
Il va y avoir maintenant un horrible combat. Qui sait ? Il se peut que j'arrive chez toi ce soir même…
Nous n'avons pas été camarades jusqu'ici et je me demande, mon Dieu, si tu m'attendras à la porte.
Tiens, voilà que je pleure ! Moi, verser des larmes ! Ah, si je t'avais connu plus tôt…
Allons, il faut que je parte !
C'est drôle, depuis que je t'ai rencontré, je n'ai plus peur de mourir.
Au revoir !
"Déchargez-vous sur Dieu de tous vos soucis, car il prend soin de vous" (I Pierre 5 : 7).
"Celui qui croit a la vie éternelle", dit Jésus. "Je suis le pain de vie… Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le relèverai de la mort au dernier jour" (Jean 6 : 47-48, 54).
Pierre Maffli
Autor: Nicole Carrard     bereitgestellt: 28.09.2009    
 
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