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Ev.-ref. Kirche des Kantons Freiburg

Laeticia Buchs

Nous avons appuyé sur « pause »

Sigle pause (Foto: Martin Burkhard)

Les coupes de sainte cène prennent de la poussière dans les armoires des sacristies. Ce jeûne de faire corps peut être ressenti comme pesant. En tout cas le corps dont il est question lors de la célébration de ce rite, est plus que jamais vulnérable, fragile, pénétré par un virus mondialisé. La cène est corporelle, et le corps est mortel. C’est sa première destinée. Dans la foi, il sera transfiguré. Mais c’est un autre qui gère cette résurrection. Maranatha, viens Seigneur, viens, est l’exclamation liturgique prévue à toute célébration de la cène protestante. Une expression de soif de plus de vie, d’un corps athlétique ?, en tout cas d’une corporalité réconciliée et apaisée. C’est un autre qui sauve, notre prise de conscience de l’interdépendance révèle cette nécessité du détour par un autre, l’Autre, pour vraiment vivre, pour le salut. Nous sommes fondamentalement des êtres d’interdépendance, la pandémie nous le rappelle. Le pain rompu et à partir du même pain en est une belle illustration. Vous vous en souvenez ? Il est partagé dans le cercle ouvert composé des paroissiens réunis lors d’un culte. Aujourd’hui, nous avons appuyé sur stand-by, sur ce sigle.

En attendant, vivons au mieux la fragilité, cette « vulnérabilité » dont on parle beaucoup. Nous sommes des corps exposés aux meurtrissures. Nous l’avions oublié, et la cène en est un rappel, c’est une racine de la vie spirituelle du chrétien. Et sa restauration une perspective. Qu’un Maranatha tonne à travers tout le canton, cri et désir de plus de vie. Laissons encore quelque temps les coupes dans les armoires. Cela n’empêche pas de rayonner la promesse de Jésus : « Moi, je suis venu pour qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient en abondance » (Evangile selon Jean 10,10).

Martin Burkhard, pasteur
Conseiller synodal


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